"J'ai choisi de vivre heureux parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire



25 septembre 2010

Rendons à César...

MAXone: Il aura fallu plus de 20 ans pour que je trouve enfin une personne qui s'en rappelle et qui, en prime, m'en parle avec les yeux qui brillent...

Aujourd'hui, on parle beaucoup de SRM et de Powertape, des capteurs de puissance intégrés au vélo. Avant eux, on pensait que Polar avait ouvert la voie. On en était resté là. Et pourtant...

Janvier 1984, Moser remet les pendules (et son vélo) à l'heure. Un boitier sur son avant-bras enregistre ses pulsations! Un truc de dingue.
2 ans plus tard, je suis junior et moi aussi, je roule avec un cardio-fréquencemètre. Un peu moins perfectionné que le sien certes, j'ai un fil entre la ceinture thoracique et le compteur (énorme) sur la potence. Beaucoup se pose encore la question: "A quoi ça sert?" Les quelques utilisateurs que nous étions, passaient pour des malades (aujourd'hui, c'est le contraire...).

En 1989, je tombe sur une double-page d'un magazine sur laquelle je bave... Il s'agissait de celle d'un "Vélo Magazine" (vous pensiez à quoi d'autre?)!
Là, "l'arme absolue": le MAXone de Look.Un compteur placé sur le devant de la potence (déjà, rien que le système de fixation, c'était fabuleux) qui, grâce à un capteur situé dans le moyeu (rouge pour le différencier de la couleur alu, unique à cette époque) de la roue arrière, donnait (entre autres) la puissance développée par le cycliste! Un truc de "ouf".

Fixation sur la potence avec un câble qui fait le tour.
Le bout du câble est fileté et la tension se fait en serrant;
comme une tête de rayon!

Sur cette version proto, le moyeu n'était pas rouge.

Bien évidemment, le budget de l'appareil m'avait rapidement ramené à la raison mais le mal était fait.
J'étais amoureux...
Sur le Tour de France 89 (le célèbre Tour avec ses 8s séparant les 2 premiers du classement général...), certains coureurs de l'équipe Toshiba roulaient avec. Et là aussi, innovation d'un autre temps, une antenne placée sous la selle, renvoyait les infos au véhicule suiveur! Et pour couronner le tout, en tant que téléspectateur, on avait même droit à l'image (en incrustation) du compteur avec la vitesse et la puissance instantanée!

(cliquez sur l'image pour voir la vidéo)

Certainement arrivé trop tôt, le MAXone n'obtiendra malheureusement pas les lettres de noblesse qu'il méritait. Dommage.

Il faudra attendre quelques années pour que Polar se lance dans la course à "l'armement". Et encore, ça reste timide. C'est seulement dans les années 2000 que cet outil fabuleux fait des émules.
Aujourd'hui, après le SRM (dans le pédalier) et le Powertape (dans le moyeu arrière...), ce sont Look et Polar qui s'associent pour développer le "Kéo Power" et intégrer un capteur de puissance dans l'axe de la pédale!
C'est petit, on peut changer de roue arrière sans perdre une partie du système (et les données), il n'y a plus qu'à espérer que cette fois-ci, ce soit la bonne. Et dans ce cas, Look aura enfin réussi (et ce n'est pas leur faute de ne pas avoir été crus à l'âge de pierre du cardio) à revenir sur le devant de la scène.

Cette personne qui s'en souvient, c'est mon boss, Denis. A
cette époque, il était chef de produit chez Look mais c'est seulement lors d'un dernier salon où personne ne semblait connaître que j'ai fait le lien.Lorsque je lui en parle cette semaine, il me répond: "tu t'en souviens?" Et comment que je m'en souviens! A partir de là, il m'amène un échantillon de sa collection personnelle ainsi que les photos qui illustrent cet article, et me raconte l'histoire de "César" (puisque je compte lui rendre hommage à travers ces "quelques" lignes).
En fait, il ne s'appelle pas César mais Jean Pierre Mercat. Trop modeste pour être connu (et reconnu), Jean Pierre est un génie (si vous trouvez un autre mot plus valorisant, je prends...). Avec un bac E à 15 ans (!), il poursuit ses études jusqu'à trouver un stage chez Look. Et là, il se "lâche"! Son imagination et ses capacités l'amène à penser puis à fabriquer ce compteur en avance (trop?) sur sa génération. Trois ans de travail sur des machines de tortures, sur des tests terrains (Jean Pierre Mercat était Elite à l'époque...) et à présenter son travail sur tous les salons du monde!


Oh, un "nid"!

Dès lors, tous les moyens seront mis en œuvre pour que le projet aboutisse. "Formalité". Seul "hic" à sa démocratisation, le coût de fabrication (et de vente, de par le fait) car le MAXone est fabriqué en France... Erreur stratégique de la part de la firme nivernaise? Certainement.

Présentation au salon de Milan 1990...
Après ce premier exploit (si, quand même), Jean Pierre Mercat ne s'arrête pas là.
L'Ergostem (potence aux multiples réglages), c'est lui...
Et ce système de direction intégrée, à votre avis, ça sort d'où? Ne cherchez pas...
L'idée de la pédale à lame, c'est encore lui! A son avis, les pédales Look et Time de l'époque pouvaient être améliorées en remplaçant le ressort par une lame composite (pour les "non-intégristes" du milieu, Time a présenté la sienne en... 2009!).

Puis, il est embauché chez Mavic.
Sous ses nouvelles couleurs, en 1993, c'est au tour du Mektronic de faire son apparition. Qu'est ce que donc? Des dérailleurs et des commandes... électriques! Sans fil de surcroit alors que le DI2 de chez Shimano qui a fait son apparition en... 2008 est encore câblé.

Viendront ensuite toute une série d'innovations technologiques du même acabit. Une des dernières en date, la fameuse roue R-Sys avec ses rayons en carbone "Tracomp" qui ne se déforment ni en traction, ni en compression...
A mon avis, MONSIEUR Mercat n'est pas près de s'arrêter. A la limite, c'est peut être le retard (vis à vis de lui) technologique industriel qui peut mettre un frein à sa passion, sa créativité et surtout, son génie.


Jean Pierre Mercat prouve que l'on
peut être "au tour et au turbin"!
Et cette fois-ci, on aura droit à quoi?
Quelque chose de bionique, solaire ou nucléaire? Avec ses idées, tout est possible, tout est réalisable...

Merci Denis de m'avoir raconté ce conte de fées (qui m'a plus réveillé qu'endormi) mais maintenant, il va falloir me présenter ce Léonard de Vinci, ce Géo Trouvetou (pour ceux qui comme moi, possèdent la collection des "Manuels des Castors Juniors"), que je puisse enfin faire la connaissance de cet homme fabuleux pour le passionné que je suis.


Et désolé pour la longueur du message mais quand moi aussi j'ai les yeux qui brillent, je ne sais plus m'arrêter...

22 septembre 2010

Aveu?

Je ne reviendrai pas sur la polémique qui a fait la Une lors des Classiques de Printemps mais il faut avouer que là, je n'ai pas pu m'empêcher.

Vu sur le site de Fabian Cancellara (un de mes préférés, évidemment...) que vous pouvez visiter en cliquant ici. Je suis sûr que ça lui fera plaisir...

Étonnant, non?
Je m'en fiche, ça reste mon chouchou!

01 septembre 2010

Nouveau blog

Il en parlait, il hésitait et puis finalement, il l'a fait.

Voici le nouveau blog de Fred, un des rares cyclistes à avoir pu (et avoir su) me supporter sur nos routes d'entraînement pendant des années:

Alors évidemment, vu que son premier message me cirait les pompes (de vélo!), en plus d'un pot de Nutella (c'est la saison des noisettes...), il méritait bien un lien sur le mien.
Vous le retrouverez dans la colonne de droite dans "Liens indispensables".

Belle et longue vie à ce blog!

One more!

Ça faisait un petit moment que ça me trottait dans la tête (s'il n'y avait que ça...) et voilà, ça y est, j'ai fait le pas.

Depuis des années, je cherche le vélo idéal. Un vélo pour presque tout faire sur du goudron (voire quelques chemins propres) avec un équipement qui nécessite un minimum d'entretien.
Alors évidemment, depuis quelques temps, la mode est au "fixie": un vélo pour la route, avec un pignon fixe (d'où le nom) et accessoirement, un frein ou deux. Déjà que je n'étais pas trop à l'aise pour rouler au milieu d'un peloton sur la piste, je n'allais pas prendre le risque de m'aventurer au milieu de la ville avec la même chose. Trop dangereux à mon goût.

Et puis, "il" est arrivé. Il existait déjà mais dans d'autres coloris. Quand j'ai vu celui-là sur le catalogue, j'ai craqué...

Alors le voilà, le fameux Seek 0
Un moyeu arrière avec 8 vitesses intégrées (pas de dérailleur et on peut changer les vitesses sans pédaler!), des freins à disque pour s'arrêter rapidement même si on n'a pas une taille de guêpe (pas plus que d'un bourdon d'ailleurs...) et une couleur "alu brossé & verni" du plus bel effet.
Il ne manquait que "quelques" accessoires pour en faire ma référence dans cette catégorie...
Une selle et des poignées Brooks en cuir ainsi qu'un bidon de la même couleur que le cadre!
Oui, j'avoue, je suis tombé amoureux.
Comme à chaque fois en fait.

L'éternel problème du mot "velo" qui est l'anagramme de "love"...