"J'ai choisi de vivre heureux parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire


"Le plus fort n'est pas celui qui arrive le premier ; c'est celui qui profite le plus de ce qu'il fait."

Kilian Jornet



04 octobre 2012

Une page se tourne...


Ce n'est pas la première fois que David Moncoutié finit sa saison sur la Vuelta. Et comme d'hab (même si c'était un peu plus tôt que les fois précédentes), nous avons fait notre pèlerinage annuel à Biars. 

En revanche, là où ça va être plus difficile, c'est au début de la saison 2013, lorsque de la moto 3 ou de l'hélico, on ne verra plus le maillot de notre ami, de notre voisin, du champion ou encore du héros pour certains, se "balader" à l'arrière du peloton pro.
Un jour de mai 93 (20 ans déjà !), j'ai eu la chance de croiser (ou plutôt, de me faire doubler par...) ce garçon atypique qui, par ses convictions et ses résultats, m'a fait espérer un cyclisme nouveau, sans artifices ou autres adjuvants. 

Même si on est encore loin du compte, je pense qu'il a fait ce qu'il fallait pour que les choses avancent dans le bon sens. Il fut un exemple pour ceux qui l'ont cotoyé et le restera pour les générations à venir.

Cycliste pro, je sais qu'il ne l'est plus. Cycliste tout court, je sais qu'il le sera toujours.
On ne peut pas faire tant de saisons à ce niveau sans foi ni passion; c'est aussi le signe d'une longévité annoncée.

Je suis désolé David, d'avoir fait ma traversée des Pyrénées cet été pendant que tu pansais tes plaies. Je sais que tu aurais aimé être du voyage. Pas d'inquiétude, on s'en trouvera d'autres des périples à partager, toi m'attendant en haut et moi t'attendant en bas.
Prends le temps de te poser, de voir pousser les 3 mousquetaires (dont le dernier, jour après jour) mais n'oublie pas, c'est quand tu veux, sachant que comme les scouts, je suis toujours prêt.
On a la chance d'aimer pédaler dans la nature et ça, ça vaut plus que toutes les victoires. 
Dans nos défauts communs, on peut également avouer une "petite" addiction pour la météo (si, quand même) ou encore, pour les jeux de cartes, du moment qu'elles sont signées "Michelin and Co".

Bonne route (ou chemin puisque maintenant, tu as le droit d'y rouler) l'ami !
Je ne serais d'ailleurs pas étonné de te trouver à un de mes prochains croisements...


Une page se tourne...
Mais le livre ne se refermera pas.

 Pour la relève, il faudra encore patienter quelques années...


PS : Au grand dam des coachs qui ont pu l'accompagner dans cette belle et prolifique carrière, David n'a jamais roulé avec un cardio fréquence-mètre. Non sans fierté, je peux le dire aujourd'hui, je suis l'homme qui a mis un Polar à David il y a quelques années.
Il suffisait juste de lui montrer qu'il indiquait la température et l'altitude...

04 septembre 2012

Transpyrénées Comminges

Ça faisait déjà bien longtemps que je souhaitais poser mes crampons de ce côté-ci de la région. 
Le week end dernier, mon calendrier, habituellement chargé comme un podium du Tour de France, me l'a pourtant enfin permis.
La Transpyrénées Comminges en était à sa 12ème édition et le succès était, une fois encore, au rendez-vous. Evidemment. Je pense d'ailleurs que quand on l'a faite une fois, ça donne envie d'y revenir.

Dimanche, nombreux étaient les vététistes à avoir fait le déplacement. La météo annonçait à tort des températures dignes d'un mois de décembre et pourtant, il fallut rapidement se rendre à l'évidence, il faisait un temps idéal pour pédaler. Je n'avais prévu que des vêtements longs et une fois n'est pas coutume, j'ai eu chaud !


Alors oui, je connais les Pyrénées, depuis peu, certes, mais uniquement par leur côté goudronné et franchement, les chemins de traverses ont autant de charme.

Dario et Jean-Claude m'ont accompagné dans cette rando. Nous avons participé à la boucle de 40km. 1100m de dénivelé positif, c'était suffisant pour une reprise.

Longues ascensions, descentes sinueuses, on a alterné tous les genres pour un maximum de plaisir.


Et franchement, comme disait Coluche : "C'est con, vous auriez du venir !"



23 août 2012

Traversée des Pyrénées 2012

J'avais ça en tête depuis un an, et comme à chaque fois, quand je l'ai là, je ne l'ai pas ailleurs...

Arrivés à Saint Jean de Luz le vendredi en fin de journée, nous posons le camping-car à Guéthary. L'Atlantique est à nos pieds. Et de l'autre côté, la Méditerranée est à 400km. A vol d'oiseau seulement.
 Salade pour tout le monde ?

Samedi. Saint Jean de Luz - Larrau : 121km / 2770m D+
Réveil à 6h45 (l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, non ?), préparatifs, petit déj, nous (Guillaume et moi) décollons 1h plus tard pour rejoindre David et Christian à Saint Jean de Luz. 21°C avec un léger vent favorable, même si le ciel est un peu couvert, c'est idéal pour pédaler.

Dans les rues, on croise déjà beaucoup de monde. Il faut dire que ce sont les fêtes de Bayonne ces jours-ci et que tout le monde n'est pas encore couché...


Sortie de Saint Jean de Luz, on est parti pour la grande traversée...

A Ascain, je tiens à ce que les choses soient claires : je fais le panneau à l'entrée du village (j'avais fait celui de St Jean avec Guillaume mais ça ne comptait pas encore...) ! Je vise le maillot vert sur cette semaine. Après 2 ou 3 panneaux, mes compagnons se prennent au jeu, c'est quand même plus sympa. On les fera tous jusqu'à Collioure !
A hauteur du train à crémaillère de la Rhune, je mets une deuxième couche en faisant le panneau du Col de St Ignace. Bon, c'est vrai, ce n'est pas le plus dur non plus mais quand même, un point de plus dans l'escarcelle du maillot de meilleur grimpeur, ça m'amuse aussi beaucoup. De toute façon, je sais que la semaine ne sera pas facile alors autant déconner un peu. Comme d'hab.
On passe côté espagnol, on traverse Dancharia (déjà hanté par des consommateurs d'alcool et de cigarettes) et on gravit le Col d'Otxondo. On finit dans la bruine et on devra mettre les impers avant de basculer dans la vallée.
Saint Jean Pied de Port


Après le Col d'Ispéguy (690m), on passe par Saint Jean Pied de Port puis par Mendive, qui annonce la grosse difficulté du jour, le Burdincurutcheta (Croix de Fer, en basque). Le début du col est très dur avec des pourcentages au delà de 13%. Pas question de s'enflammer. Je mets "tout à gauche" (le changement, c'est maintenant !). Avec 33x28, ça peut faire sourire à Toulouse mais là, c'est parfait. Ça permet de monter "souple", sans s'essouffler et de bien gérer son effort. C'est vrai que je ne suis pas le plus léger du groupe (et loin de là) mais c'est aussi du à la taille de mes cuisses (on se rassure comme on peut..). Plus faites pour la piste et les contre la montre que pour la montagne, elles m'ont toutefois donné un rapport poids/puissance intéressant pour ce genre de parcours même si, plus on est léger, mieux c'est. Je fais avec.
Dans les forts pourcentages, je prends de l'avance sur mes collègues et ça me laisse un peu de temps pour prendre des photos. Nickel.
Les vautours guettent la moindre défaillance...

Telle la 2ème lame chez Gillette, le Col de Bagargui culmine 200m plus haut que le Burdincurutcheta qui le cachait. A défaut de poils, il coupe les pattes !
D'ailleurs, en descendant sur Larrau, on sent très bien, dès qu'on lâche les freins, que la pente est aussi très élevée. A la faveur d'un dernier kilomètre en côte à l'entrée de Larrau, je prends un peu d'avance pour glaner les derniers points de la journée pour le maillot vert !
Jaune, vert, à pois (poids ?), je fais le grand chelem. Sauf pour le maillot blanc (meilleur jeune) mais là, David joue seul.

Dimanche. Larrau - Laruns : 97km / 2200m D+ 
Il a bruiné tout l'après midi d'hier mais la température n'est pas trop descendue. On est quand même à 600m et la nuit a été fraîche. Au matin, le brouillard descend des sommets et on partira juste avant qu'il nous rattrape. On plonge dans la vallée.
Une dizaine de kilomètres de descente et on attaque le Col du Soudet. Progressif au début, ça permet de s'échauffer "doucement". Puis, au fur et à mesure, les pourcentages s’élèvent. On est quand même loin de ceux d'hier. Pas plus mal.
On finit dans le brouillard. On ne saura pas si c'est joli vu d'en haut. Il ne fait pas chaud et j'ai la mauvaise habitude de beaucoup transpirer. Trempé, je m'habille vite. Manchettes, jambières, imper.
On bascule. Ça caille dans la descente et il nous tarde d'être en bas. On slalome entre les bouses fraîches. Pas toujours évident et souvent, c'est celui qui nous suit qui s'en aperçoit...
Toutefois, à la faveur d'une ligne droite, on avoisine les 80km/h.
On roule quelques kilomètres dans la vallée puis on attaque le Col de Marie Blanque. Sympa au début mais avec une tendance à devenir de plus en plus dur. 10, 11, 12, 13%.



En haut, il y a également du brouillard mais il est beaucoup moins épais que dans le précédent. Dans la descente, j'ai un peu d'avance mais j'attends Guillaume. On prend un gros plaisir à se doubler, à faire de belles trajectoires. En bas, il y a le village de Bielle et je sens que Guillaume pense au panneau... Je ne prends pas de risque car la route passe à gauche du village. Guillaume ralentit et au carrefour suivant, j'aperçois le panneau à une vingtaine de mètres après. Il ne l'a pas vu, je vire en tête et prends les points.
Il reste une dizaine de kilomètres jusqu'à Laruns. Un léger faux plat montant qui permet de tourner les jambes et d'évacuer les toxines qui s'accumulent depuis le départ, hier matin.


Taquin ou passionné ?

Lundi. Laruns - Bagnères de Bigorre : 118km / 3000m D+
7h, le ciel est enfin tout bleu. Que la montagne est belle !


Petite anecdote : avant l'étape, je pars à la recherche d'une boulangerie afin d'amener des croissants pour le petit déj du service logistique (Véronique au volant et Florian à la cartographie). Je vais vers le bas (réflexe logique) de Laruns. Je ne trouve pas mais en remontant (400m à 5%), j'accoste un vététiste arrêté. J'accepte de ne pas le doubler s'il m'indique la boulangerie la plus proche. Pas de bol, elle est en haut du village. Menteur comme un cycliste, je le remercie et je fais semblant de le doubler. Avec un sourire narquois, il accélère d'une façon déconcertante (Contador, sors de ce corps !). Je m'aperçois vite qu'il a une assistance électrique et un moteur performant (ce type de moteur accélère très fort jusqu'à 25km/h, limite légale en France) de marque allemande. Joueur, même dès potron minet, je passe le grand plateau et insiste. Ça pique. Je monte plus vite que lui mais arrive déjà en sueur et les cuisses dures au camping-car. "Saleté" de technologie !


Le Sportdéj avalé (sans les croissants), on descend quelques kilomètres puis nous voici dans le Col d'Aubisque. Faibles pourcentages encore pour un échauffement tranquille. On discute mais on sait que cette journée est une des plus dures.
Guillaume a déjà fait cette montée lors d'une Étape du Tour et nous prévient de ce qui nous attend. Je me souviens aussi qu'en junior 1ère année (1986...), j'avais fait une pointe à 108km/h en descendant par ce côté. Je me doute donc qu'en montant, je serais plus proche de 10,8...



Il s'agit aussi de notre 3ème étape. Les organismes commencent à fatiguer.
Depuis tout petit, j'ai la chance d'avoir une bonne récupération. Ça se confirme. Il est vrai aussi qu'à monter plus vite que les copains, ça me laisse aussi plus de temps pour m'en remettre quand je fais les photos en route. Mine de rien, 30 à 45mn de moins à pédaler sur chaque étape, ça fait l'équivalent d'une étape à la fin de la semaine...


Très taquin (je ne pense pas changer un jour...), avec suffisamment d'avance, je montre à Guillaume que je peux même faire des photos de mes sprints à l'entrée des villages. Quel déconneur !


Le paysage est vraiment magnifique. C'est le col où j'ai fait le plus de photos. Un régal.

On redescend quelques kilomètres puis on remonte 2km en direction du Col du Soulor. Guillaume vise le GPM mais je m'active pour passer le grand plateau (la pente n'est pas la plus dure à cet endroit) et accélérer. Tant pis pour lui. On descend vers Argelès avec le vent de face. 

A Argelès, on fait une pause (pose).


 "Rapha Spirit"

Un long faux plat (vent dans le dos) nous amène à Luz Saint Sauveur, au pied du Tourmalet, point culminant de notre traversée.
Je le trouve plus long par ce côté mais peut être moins dur que par la Mongie. Peut être pas non plus attaqué dans les mêmes conditions (Étape du Tour 2001 ou encore, en 2010, lors de mon aller-retour Toulouse-Tourmalet-Toulouse, dans la journée...), je le monte en 1h40 et je me dis que finalement, ce n'est pas si mal.


En accord avec mes compagnons d'épopée, je garde mon avance au sommet pour basculer dans la vallée. Vent de face pour rejoindre Bagnères de Bigorre, je roule quand même assez vite. Il faut dire que Florian m'attend pour rouler un "peu". Mine de rien, ça lui donne aussi envie alors, je m'y colle avec grand plaisir. C'est partagé. Du coup, on remonte jusqu'à Sainte Marie de Campan (je me fais aligner 3 fois aux panneaux...). En sortant de Bagnères, on croise le "peloton". En redescendant, dans le faux plat vent de face, on refait les sprints aux panneaux mais je fais vite comprendre à "Cancellarinou" qu'il y a des terrains qui me sont plus favorables que d'autres...

Mes parents nous rejoignent au camping. Ce camping, choisi au hasard, est celui où j'ai passé mes premières vacances. J'avais 18 mois...
Mes parents viennent nous accompagner 2 étapes (et finalement, 3). Ma mère a fait une teurgoule, spécialité normande à base de riz et suffisamment consistante pour faire la traversée aller-retour en 3 jours (à condition d'aimer rouler la nuit...) ! A eux, s'ajoutent Hugues et Candice, venus depuis le Gers à moto. On frise l'intendance du Tour de France.


Mardi. Bagnères de Bigorre - Bagnères de Luchon : 71km / 1760m D+ 
Seulement 71km ? Ça va être facile alors ?
Pas spécialement. Toutefois, cette étape nous permet de ne partir qu'un peu avant 9h (contrairement aux autres jours où nous choisissons de partir à 8h afin de rentrer le plus tôt moins tard possible) et nous laissera un bel après midi pour récupérer un peu plus longtemps. 
La montée tranquille vers Sainte Marie de Campan se fait vent dans le dos. Le Col d'Aspin est très agréable avec sa montée dans les sapins. Je monte avec David et profitant d'un moment d’inattention, il passera le sommet en tête. Lourd, peut être, mais sacrément puissant le "gamin" (de 20 ans mon cadet...).
On profite de la ZX officielle pour ne prendre que le minimum sur nous. On garde de quoi manger jusqu'au prochain arrêt et on ne remplit les bidons qu'à la demande. Idéal.

 Le Pic du Midi et son observatoire, vus depuis le Col d'Aspin

Après les photos habituelles, on descend vers Arreau puis on remonte la vallée vers le Col du Peyresourde. On ne peut pas dire que ce soit un col dur avec moins de 9% de moyenne, en revanche, les derniers kilomètres, au soleil, semblent long. L'odeur des légendaires crêpes que l'on peut trouver en haut, donne un peu d'entrain à la troupe. 

On descend vers Bagnères de Luchon rapidement. D'ailleurs, je rate Florian qui attendait dans l'ombre après être monté assez haut dans la montagne ! Je fais demi tour et remonte grand plateau car je sais que ça ne durera pas longtemps. On finit la descente tous ensemble (tous ensemble !). Guillaume fera quand même le panneau à l'arrivée de cette étape.

Repos bien mérité au soir de cette 4ème étape. On s'accorde une pause dans un café où nous retrouvons Michel et sa femme ainsi que Thierry et Guillaume, tous dans le coin à l'occasion des vacances.


Mercredi. Bagnères de Luchon - Biert (proche de Massat) : 101km / 1570m D+

On s'élance vers 8h avec Michel et Florian. Ils nous accompagnent jusqu'à St Béat avant de repartir sur Luchon.
À la sortie de St Béat, on attaque le Col de Menté (vers la station de ski du Mourtis). Il est assez régulier mais les pentes sont parfois raides. Il ne fait pas encore trop chaud et une grande partie est à l'ombre. Je me rappelle l'avoir déjà monté (un des rares...) à VTT, la fois où, avec la troupe du boulot, nous étions venus faire du profil descendant à travers les forêts. On bascule et on descend au pied du Portet d'Aspet. On passe devant la stèle de Fabio Casartelli, champion olympique en 1992, décédé sur chute, ici, 3 ans plus tard. De ce côté, il ne fait que 4,5km mais là aussi, ça pique. Le brouillard descend des sommets et finalement, il ne fera jamais chaud. En redescendant vers Saint Girons, on aura même de la bruine. Long faux plat descendant, vent de face, comme j'aime. Après St Girons, on reprend sur la droite en direction de Massat. Long faux plat montant, vent dans le dos, comme j'aime aussi. Entre 27 et 28km/h en pensant à mon idole qui finalement, aux JO de CLM n'aura pas la réussite des années précédentes. Je ne demande pas de relais car je sais que mes compagnons sont contents que ça se passe comme ça. On en est au 5ème jour et les jambes deviennent dures pour tout le monde. Repos bien mérité à Biert. 

Finalement, mes parents restent un jour de plus et pour l'occasion, le village leur tire un feu d'artifice que l'on ne verra même pas parce qu'un jour, quelqu'un a décidé qu'on ferait ça la nuit, tard.

Jeudi. Biert - Quérigut : 106km / 2800m D+
À peu de chose près, le même programme que dimanche. Col de Port et Port de Pailhères au programme. Pas facile, certes, mais la mer se rapproche à chaque coup de pédale...

Le réveil est difficile. Vivement que le réveil ne sonne plus le matin. Je m'en sers rarement en temps normal mais là, à part le premier jour, il a sonné tous les matins. C'est quand même un signe...

Départ tranquille par le Col de Port. Faible pourcentage, tranquille, ça passe bien. Au sommet, une route part à gauche vers le Col de Péguère (connu depuis peu pour ses plantations de clous...) avec des pentes annoncées à 18% ! Ça tombe bien, on va tout droit. 
Descente rafraîchissante et sinueuse à souhait en direction de Tarascon (con !). Les 25km de vallée qui nous mènent vers Ax les Termes sont certainement les moins jolis de toute cette traversée. La RN20 en direction d'Andorre est très fréquentée, tant par les touristes que par les camions. Je me mets devant, assurant un train idéal afin que l'on progresse au mieux, sans se mettre dans le rouge (j'aime autant la bière...).

À Ax, on attaque le Port de Pailhères. Avec des pourcentages qui feraient sourire au début, ça se monte bien. Il fait 19km, autant être quand même prudent. Effectivement, seuls quelques passages avoisinent les 10%. En revanche, à 5km du sommet, ça se complique... En plein soleil, sans air (ou à peine mais dans le dos), il fait très chaud. Le col est à 2001m. Il s'agit du 2ème plus haut col de notre traversée. Ça pique. On en est au 6ème jour, mine de rien... Mais dans nos têtes, on sait que l'on n'a jamais été aussi près de notre but. 
On s'habille et on plonge vers Quérigut sur une route un peu étroite mais pleine de virages. Un régal. 
On fait étape à 1200m d'altitude, c'est plutôt bon signe pour arriver à 0m demain...


Vendredi. Quérigut - Collioure : 140km / 1450m D+
On y est ! Ou presque.
En tout cas, c'est la dernière étape de notre traversée. On part de 1200m et on arrive sur la plage, la moyenne devrait être bien plus haute que depuis le départ. 
On part dans une bruine et une fraîcheur propre à ces altitudes. Dommage, ça a l'air très joli autour de nous mais on ne voit rien. Descente assez brutale jusqu'à la vallée puis Col des Moulis, plutôt cool en pente douce. Idem pour le suivant, le Col du Garavel. Le 3ème, le Col de Jau ressemble un peu à ce que l'on trouve dans le nord de l'Aveyron. Pente douce, ombragée (même si aujourd'hui, ça ne sert à rien). En haut, on sait que l'on a la mer à portée de manivelles. Shusssss !
30km pendant lesquels il n'est pas nécessaire de pédaler !
On passe par Thuir pour récupérer Florian qui finira l'étape avec nous. On s'égare un peu sur les routes des Pyrénées Orientales, on rallonge un peu le plaisir mais pour certains, il fait un peu chaud et la mer se fait attendre.
On arrive enfin à Collioure. Guillaume pense au panneau d'entrée depuis quelques jours. Je sais que plus j'attends, plus j'ai de chances de ne pas le battre. Je suis plus puissant mais il démarre plus vite (question d'inertie...). Du coup, dans l'avant dernier faux plat, je crée la surprise et j'attaque. 1,5km d'une ultime chevauchée en solitaire avec vue sur la mer qui nous attend !
Grande émotion à la vue de la plage de Collioure. On l'a fait !
Je ne réalise pas encore très bien ce que l'on vient de faire, d'un point de vue sportif. Je pense que ça viendra plus tard, en regardant une carte au mur, par exemple.
En revanche, d'un point de vue humain, je vois dans les regards un "peu" fatigués de mes compagnons, que le plaisir est là, qu'on est conscient de cette belle aventure humaine et qu'elle restera dans nos mémoires tout au long de notre vie.



Ce n'était pas forcément un rêve ni un fantasme de faire cette traversée, mais plutôt une envie de découvrir une région que, finalement, je connaissais peu et notamment à vélo. 
En effet, pour y avoir réfléchi quelques fois tout au long de cette semaine, je n'avais, jusqu'à présent, escaladé que 8 cols pyrénéens dans toute ma vie de cycliste : Soulor et Aubisque en 1986 au Grand Prix Henri Bernard, Aspin, Tourmalet et Luz Ardiden (et encore, si on considère cette impasse comme un col) lors de l'étape du Tour 2001, Port de Balès et Peyresourde avec les copains en 2008 et enfin, le Tourmalet en 2010.
Et là, comme ça, 3 fois plus en une semaine mais avec des conditions toutes autres : pas de dossard, pas de timing, rien que du plaisir et la beauté des paysages plein les yeux.

Avec du recul, je pense que pour des cyclistes entrainés, la distance et le dénivelé quotidiens étaient bien adaptés pour être répétés pendant 7 jours consécutifs. 

Même si j'ai eu le temps d'y réfléchir, j'avoue que pour une fois, je ne sais pas encore ce que je vais faire en 2013. Ce qui est évident, c'est que je ne le ferai pas sur une semaine. Trop de logistique et pas assez de congés... De toute façon, j'ai tout l'hiver pour y réfléchir et puis, je suis un peu comme les scouts : toujours prêt !


Bien évidement, cette aventure n'aurait pas été possible sans l'aide des personnes ou des marques suivantes, que je ne remercierai jamais assez :
- Véronique et Florian pour la logistique,
- Guillaume, David E. et Christian J. pour m'avoir accompagné et supporté autant de temps,
- Thierry et Fabienne pour le prêt de leur camping-car,
- David M., futur ex-pro occupé à panser ses plaies, météorologue averti, qui nous a fourni les bulletins météo la veille des étapes, sans trop d'erreurs,
- Gisèle et Philippe (Culture Vélo Cavaillon) pour leurs conseils récupération et santé,
- Jean-Noël (Bouticycle Perpignan) pour l'apéro à l'arrivée,
- Hugues et Candice, pour leur soutien motorisé,
- Hutchinson, qui m'a fourni une paire de pneus Intensive (mes préférés, que ce soit en tubeless ou non),
- Mio, pour le prêt d'un GPS fiable et précis sur lequel j'ai adoré la fonction "surprise me", utilisée la semaine suivante. Cette fonction vous donne 3 parcours aléatoires, en fonction du temps ou du kilométrage que vous lui donnez,
- Mulebar, pour ses barres de céréales aux goûts originaux (manger pareil tous les jours, ce n'est pas top),
- Runtastic, pour son application iPhone (seul regret, l'autonomie trop juste de mon mobile en mode GPS (4h15 maxi)),
- et enfin, ceux par qui tout est arrivé : mes parents qui, une fois encore, on fait le déplacement en ZX officielle pour me suivre dans une de ces quêtes d'absolu...

PS : vous pourrez aussi trouver la version de Guillaume sur cette traversée des Pyrénées sur son blog ou encore, les galeries des photos (1 et 2) prises tout au long de notre périple.

PS2 :  le maillot "Super Sylvain" n'a rien de prétentieux. Il m'a été offert par mes amis du club lors de l'Assemblée Générale 2008 et lorsque je le mets, c'est toujours avec une pensée pour eux. Je ne suis pas fier de ce maillot mais je suis fier d'avoir rencontré ces personnes.

16 août 2012

Avoir bonne presse...

C'est dans "Cyclo Passion" du mois d'août (numéro 224) que mon blog a eu droit à une double page. Rien que ça !

Grâce à vous et à vos visites (pas toujours volontaires, c'est certain), il a passé le cap des 50000 visites (et même si d'autres font ça tous les jours). 
Alors, reconnu, je ne sais pas, mais apprécié, ça a l'air.

Merci à vous et promis, j'essaie de continuer dans ce sens...

24 juillet 2012

C'est parti !

Ou presque.

A 3 jours et quelques heures du départ pour mon périple pyrénéen, j'avoue être serein.
Il me semble être prêt physiquement et psychologiquement. Même pas peur ! D'un autre côté, je n'ai jamais été trop inquiet de nature face à une "balade" à vélo.
Le seul doute qui pourrait subsister concerne la météo mais bon, on verra bien car de toute façon, on ne peut pas changer grand chose. Qu'au moins, "il fasse sec", comme on dit dans mes lointaines terres d'origine...

Le vélo aussi est prêt.
Avec, pour les connaisseurs, un plateau de 33 dents et un pignon de 28, normalement, ça devrait passer. Autant ici, ça ne sert qu'à franchir les arbres, autant là-bas, jour après jour, ça peut effectivement s'avérer utile...
Ensuite, j'ai monté la petite sacoche (oui, je sais, c'est moi la sacoche !) à l'avant, dans laquelle je pourrai mettre l'appareil photo, un coupe-vent, à manger (si, quand même) et tout ce qui serait en trop dans mes poches arrières.



J'ai également la chance d'avoir eu en prêt un GPS Mio. Les traces sont dedans, il n'y aura plus qu'à suivre la flèche. C'est très pratique quand on ne connait pas la route et surtout, ne parlant pas du tout espagnol, ça m'évitera de chercher si je devais aller un peu trop loin vers le sud...
Côté alimentation, j'en profiterai pour goûter les produits Mulebar.
Pour les pneus, on ne change pas une équipe qui gagne (ou plutôt, qui gagnait...) et ce sera du Hutchinson Intensive. Normal.
Merci aussi à Gisèle & Philippe (Culture Vélo Cavaillon) qui ont pensé, entre autres, à mon séant qui pourrait s'endolorir au fil des jours. 
Merci d'avance à Jean Noël (Bouticycle Perpignan) qui nous attend sur la plage orientale avec l'apéro...
Merci à Matthias pour avoir pensé à ma récupération quotidienne.
Si l'autonomie de mon téléphone le permet, il y aura également, de temps à autres, une trace GPS grâce à Runtastic. Parce que les temps records dans l'Aubisque ou le Tourmalet, tout comme ceux qui me connaissent, j'ai du mal à y croire. 
Et bien évidemment, je remercie une fois encore, Thierry et Fabienne qui nous prêtent leur magnifique camping-car.

Le programme officiel est donc le suivant (merci Guillaume !) :

Donc voilà, il n'y a plus qu'à.

Je ne pense pas pouvoir mettre à jour le blog d'ici mon retour de vacances.
Déjà, pas sûr d'avoir du réseau partout et déjà bien si on a l'électricité :-p
Alors soyez patients ou allez faire un tour sur Facebook : Traversée des Pyrénées à vélo
La page est ouverte à tous et j'y mettrai, dans la mesure du possible, quelques news au fur et à mesure de notre progression.

Guillaume, Christian le Basque et David, l'autre Basque, seront du voyage. Tels les 3 Mousquetaires (qui en fait, étaient 4 avec D'Artagnan), cette chevauchée en altitude devrait rester, pour chacun de nous, comme un merveilleux souvenir. 

On n'a absolument rien à avoir avec le Tour de France passé sur ces routes les semaines passées mais si vous le souhaitez, vous pouvez aussi venir nous voir passer.
En revanche, les banderoles ne sont pas nécessaires.



A bientôt pour de nouvelles aventures !


17 juillet 2012

Clou du spectacle ?

En fait, non. C'est plutôt le (triste) spectacle du clou qui a été pointé du doigt lors de la 14ème étape de ce Tour de France.
Visiblement, ce sont des personnes qui croyaient ne pas manquer d'air mais qui étaient surtout complétement marteau. En effet, des clous ont été jetés sur la chaussée. Stupide et dangereux.

Elles pensaient être gonflées de faire ça et finalement, c'est tombé à plat. Elles ne valent pas un clou et elles me pompent l'air.

Même si je chambre, je dois vous avouer que ça me fait mal aux boyaux ce genre d'attitude.
Et à vouloir enfoncer le clou jusqu'au bout, j'aime autant prévenir les auteurs de cet acte inconscient : si je les retrouve, je les crève !

12 juillet 2012

"Allo ? Vous avez un nouveau... record !"

Mon grand père maternel fait certainement partie (même si à l'origine on ne les appelait pas encore comme ça) des premiers geeks.
Toujours à l'affût des gadgets technologiques, il a suivi la formidable évolution qui est partie de rien ou presque, pour en arriver là où nous la connaissons aujourd'hui. Preuve en est, il y a peu de temps, l'acquisition d'un ordinateur a freiné son envie d'iPod. A 90 ans, c'est quand même un signe...

Puisque j'ai hérité de ce trait de caractère (entre autres), la Pomme m'a croqué.
Et puisque je fais aussi du vélo, il y a 2 applications (valables aussi sur Androïd) qui ont retenu mon attention : Strava et Runtastic.
"Pourquoi faire ?" me direz-vous. Franchement, si on commence à rentrer dans l'utilité ou non des gadgets, on va gagner du temps.
En fait, l'une comme l'autre sont des applications ayant pour base un GPS (rien à voir avec "j'ai PS !" de notre cher président). Vous déclenchez le chrono au moment où vous montez sur le vélo et après, vous ne vous occupez plus de rien. Sauf, à la limite, de pédaler un peu...

Runtastic est bien fait. Vous vous situez sur la carte (comme un GPS alors ?) mais ça vous donne tout, un peu comme un compteur et une fois la session terminée, lorsque vous enregistrez, ça permet de tout analyser. 
En plus des données traditionnelles fournies par un compteur, vous trouvez également, la vitesse moyenne de chaque kilomètre parcouru, l'altimétrie, etc...

De plus, lorsque vous finalisez votre enregistrement, c'est automatiquement envoyé sur le site Runtastic et ça vous permet de voir vos sorties précédentes, les cumuls, etc...

Fonction sympa aussi, le suivi en temps réel sur le site où on peut suivre tous les geeks à pédales du coin...

Les graphismes sont plutôt jolis et sympathiques, ça donne envie de jouer avec. J'adore !

















Et Strava me direz-vous ?
Ben, en fait, c'est un peu pareil sauf que l'on ne voit pas sa position directe sur la carte (ou alors, je n'ai pas encore trouvé. Ce qui est possible aussi). C'est aussi un peu plus basique en termes de graphisme.


















Par contre, vous pouvez définir des "segments" de votre parcours (d'un point A à un point B) et le partager sur le site Strava
Et c'est là que ça devient bon, ou pas. 
Si vous passez sur un segment déjà défini par un autre utilisateur, ça donne un classement chronométré de cette portion de parcours... Si vous avez le meilleur temps, vous devenez KOM (King Of Mountain / Roi de la Montagne). Même si c'est plat ou même, encore plus dingue, si ça descend ! Si vous êtes second ou troisième du tronçon, vous recevez quand même un trophée virtuel indiquant que vous êtes sur le podium.

Donc, évidemment, le jour où je l'ai installé, j'ai voulu savoir qui "faisait quoi où" grâce à la fonction "Explore" qui vous montre les segments répertoriés autour de votre position.
Et qu'est-ce que je vois ? Il y a un segment entre l'Isle Jourdain (où je travaille) et Lévignac (sur la route du retour vers mon domicile), de 10.7km. Et c'est... tout plat (ou presque) !
Le meilleur chrono est de 18mn13s soit 35.4km/h de moyenne. Joli. Toutefois, je m'aperçois que le 2ème et le 3ème temps ont été réalisés le même jour que le premier. Il ne m'en faut pas beaucoup pour penser que les 3 lascars l'ont fait ensemble.

Le 1er jour où je le tente, ce n'est pas de bol car le vent d'Autan souffle. Je l'ai dans le nez. Accessoirement, j'ai aussi mon sac à dos. Qu'importe, je tente. Je pars quand même "tranquille/souple" car au premier point du tracé, j'ai moins de 2km d'échauffement. Et pourtant, surprise, à l'arrivée, je suis en 16mn53 soit... 38.03km/h de moyenne. KOM.
Pour autant, je pense que c'est améliorable si les conditions météo sont avec moi. Et puis, il y a aussi le tronçon à la sortie de Montaigut... Une côte de 1km environ. Il me faudra faire des choix car si je pars vite, je ne pourrai pas être au top dans la bosse, seulement à 4km de la fin du premier segment. Cruel dilemme.

Vendredi dernier, le vent est favorable. Je n'ai pas de sac à dos. Ayant déjà le meilleur temps, je choisis de partir "doucement", sans dépasser 150 pulsations. Ça me permet de m'échauffer et de pouvoir tenter, bien que ce ne soit pas mon domaine de prédilection, la côte de Montaigut. Et là, surprise (vu seulement à l'arrivée), je claque un nouveau record à 40.0km/h tout pile ! 
Ça me laisse un peu de marge vis à vis de mes concurrents directs. En revanche, si ça devait être battu (n'est-ce point le propre d'un record ?), il est certain que j'irai m'échauffer un "peu" avant...


Ce jour là, dans la côte de Montaigut, il n'y aura pas de miracle. L'inertie sera plus forte que mes cuisses. Même si, au final, je me classe 3ème à 21s du premier et à 23,6km/h de moyenne.

Alors évidemment, c'est un jeu à la con où il faut quand même être très prudent et bien se connaitre. Mais franchement, ça me plait beaucoup. Forcément. 

Seuls petits bémols que je peux reprocher, c'est que le téléphone (oui, parce qu'au début, c'est fait pour téléphoner ce joujou...), je l'ai dans la poche du maillot ou dans mon sac à dos. Alors du coup, pas trop évident pour voir en direct mais bon, un support sur le cintre ou la potence, je ne trouve pas ça top non plus. Et il y a déjà le compteur/cardio...
Ensuite, mais ça, c'est un peu la maladie des smartphones dès que l'on joue avec (tout le temps, de par le fait...), l'autonomie est plus que réduite. Dans le cas de l'utilisation du GPS, il abandonne au bout de 4h30. 
Pas si mal me direz-vous mais pour la Traversée des Pyrénées prévue dans 15 jours (boudu, déjà !), ça va limiter ma frénésie. Faudra quand même essayer.


P.S.: j'ai tout compris ;-)


02 juillet 2012

Fait chier !

Même si Christian Jacquet n'était pas un cycliste averti, c'était avant tout un passionné.
 
À juste titre, Maryline Salvetat l'avait nommé "Docteur es Com" et David Moncoutié l'avait sacré "Roi de la Com". Leurs maillots respectifs ornaient les murs de son bureau, où je prenais toujours plaisir à me rendre pour partager souvent plus que cette passion qui nous animait.
Chacun de nous deux prenant le relais en fonction de ses compétences et de ses capacités. Dans un seul et unique but, celui de faire aimer le vélo autour de soi et que chaque évènement organisé soit une fête.

La veille de ce Tour de France, Christian a fait partie de la première échappée. La maladie l'emportant, il a laissé derrière lui, ce peloton d'amis à qui il manquera.

Monsieur le Chargé de Communication, comme j'aimais t'appeler, sache que les bons mots que nous partagions régulièrement, resteront vivants en moi et seront toujours une référence.
Et parce que tu passais souvent par ici, de t'y laisser un dernier hommage me semblait être la moindre des choses.

Bonne route cher Ami, garde le bon braquet et je suis sûr que de là-haut, tu profiteras une fois encore de ce peloton que tu regardais avec les yeux d'un enfant...