"J'ai choisi de vivre heureux parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire


"Le plus fort n'est pas celui qui arrive le premier ; c'est celui qui profite le plus de ce qu'il fait."

Kilian Jornet



09 septembre 2007

Certains signes ne trompent pas...

Aujourd'hui, je courais à Rodez, mes premières terres cyclistes. Ma dernière course en peloton (non, suivez, je ne répeterai pas...)...
Sur le bord du circuit, Patrick Boutonnet, mon premier entraîneur, mon filleul Adrien (c'était sa fête hier) et ses parents, Clément mon neveu accompagné de David et Mumu (beau frère et belle soeur) et pas mal de cyclistes qui m'ont connu dans mes tous débuts. Et bien évidemment, papa (c'était sa fête aujourd'hui), supporter de la première heure. [Maman étant retenue en clinique pour une opération du genou...]. Et si tout ça ne suffisait pas, dans le peloton, Jacques Puech (mécano "officiel" du comité Midi Pyrénées) qui était déjà là lors de mes premières selections régionales sur piste et qui à 64 ans, remettait un dossard! Lydie, sa fille, était là pour l'encourager et avait autant de stress que lui lorsqu'elle courait!
Finalement, beaucoup de monde sur le bord de la route, bien plus que dans un peloton décimé par on ne sait quel mal étrange... Rodez n'est pas le centre du monde certes, mais quelques coureurs de plus auraient été les bienvenus.
Lors de mon échauffement (que j'ai souhaité faire seul pour une fois), j'ai pensé à plein de choses. A ces gens c'est vrai mais en regardant au loin, je voyais ces collines dans lesquelles je m'entraînais (non sans difficultés) en cadet... J'y roule de temps en temps (et y roulerai encore) avec le même plaisir parce que la nature est belle.
Toutefois, pris entre nostalgie et émotion, l'échauffement fut bon et efficace.
20 tours de 2km, pas vraiment plat avec une bonne "bougne" vent de face après l'arrivée qui obligeait à utiliser une bonne partie des pignons de gauche (voire tous) si on voulait monter grand plateau. 2 ou 3 relances, des virages permettant de belles trajectoires si peu qu'on veuille les prendre vite.
Le premier tour fut calme. Au 2ème tour, le rythme s'accéléra. Julien (un peu cuit en cette fin de belle saison) tentait de partir en compagnie de 2 autres coureurs. Ils prenaient 150m mais à l'avant du groupe, quelques gars régulaient l'écart. 3ème tour, "prime" (bouteille de vin, comme d'hab ;-)), un coureur partait seul laissant Julien et l'autre échappé se faire reprendre par le peloton. Ca tardait à réagir et l'écart grandissait un peu vite à mon goût. J'étais derrière (on voit mieux ;-)), je remontais à la hauteur de Jacques P (heureux comme un cadet) et lui glissait: "je suis désolé mais il va falloir que j'y aille et ça risque de foutre le bordel!" Il me sourit et me dit: "vas y, je te regarde!".
Sitôt dit, sitôt fait, je tombe les pignons et attaque. Il reste 17 tours et forcément, la surprise est grande. Attaquant juste avant la partie vent de face, tout le monde se regarde, n'ayant pas trop envie de faire déjà l'effort. Tant pis. Je prends 200m, revient sur Philippe (de Villemur mais qui n'a rien à voir avec les "amis" que l'on s'est fait à Fronton la semaine dernière... Normal, c'est un ancien de St Alban!) et contre de suite. Qui ne tente rien à rien et puis de toute façon, je risque quoi? Ben... rien. L'écart grandit de suite. Dans la côte, je monte "souple" et dès le haut, j'embraye à nouveau. Dans la descente, bien allongé, je "récupère" (à 170 puls quand même). Finalement, à 3 tours de l'arrivée, je rattrappe ce qu'il reste du peloton. Je viens à la hauteur de "Maître" Jacques (le nôtre, celui du SAO) et lui fait un clin d'oeil en lui tapant sur l'épaule.
Je gagne ainsi une dernière fois, à quelques kilomètres de La Primaube, le club (le Guidon Sprint Primaubois) où j'ai débuté.
La page se tourne doucement, avec émotion évidemment, et si tout va bien, je pense que pour le CLM dans 15 jours à Fronton, je ne devrais pas être si mal que ça...

P.S.: Merci à tous de m'avoir encouragé dans cette ultime chevauchée solitaire...

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Moi je suis sur que l' an prochain tu accrocheras à nouveau un (non des dossards) aux poches du maillot. Tu es comme le vin. Plus il viellit, plus il est bon.

Signé:
Un autre "vieux" anonyme au vélo bleu ciel Wilier à la recherche d' un pédalier CONpact qui aime autant que toi le vélo.

Sylvain a dit…

Celui là, je l'aime trop pour le donner à un autre club mais qu'est ce qu'il est con!
Des fois, il serait plus con que moi (si, je vous jure!) et c'est ça qui m'énerve!
Pour le coup du vin, il faut également le boire avant que le bouchon ne pourrisse...