"J'ai choisi de vivre heureux parce que c'est bon pour la santé."

Voltaire


"Le plus fort n'est pas celui qui arrive le premier ; c'est celui qui profite le plus de ce qu'il fait."

Kilian Jornet



25 septembre 2010

Rendons à César...

MAXone: Il aura fallu plus de 20 ans pour que je trouve enfin une personne qui s'en rappelle et qui, en prime, m'en parle avec les yeux qui brillent...

Aujourd'hui, on parle beaucoup de SRM et de Powertape, des capteurs de puissance intégrés au vélo. Avant eux, on pensait que Polar avait ouvert la voie. On en était resté là. Et pourtant...

Janvier 1984, Moser remet les pendules (et son vélo) à l'heure. Un boitier sur son avant-bras enregistre ses pulsations! Un truc de dingue.
2 ans plus tard, je suis junior et moi aussi, je roule avec un cardio-fréquencemètre. Un peu moins perfectionné que le sien certes, j'ai un fil entre la ceinture thoracique et le compteur (énorme) sur la potence. Beaucoup se pose encore la question: "A quoi ça sert?" Les quelques utilisateurs que nous étions, passaient pour des malades (aujourd'hui, c'est le contraire...).

En 1989, je tombe sur une double-page d'un magazine sur laquelle je bave... Il s'agissait de celle d'un "Vélo Magazine" (vous pensiez à quoi d'autre?)!
Là, "l'arme absolue": le MAXone de Look.Un compteur placé sur le devant de la potence (déjà, rien que le système de fixation, c'était fabuleux) qui, grâce à un capteur situé dans le moyeu (rouge pour le différencier de la couleur alu, unique à cette époque) de la roue arrière, donnait (entre autres) la puissance développée par le cycliste! Un truc de "ouf".

Fixation sur la potence avec un câble qui fait le tour.
Le bout du câble est fileté et la tension se fait en serrant;
comme une tête de rayon!

Sur cette version proto, le moyeu n'était pas rouge.

Bien évidemment, le budget de l'appareil m'avait rapidement ramené à la raison mais le mal était fait.
J'étais amoureux...
Sur le Tour de France 89 (le célèbre Tour avec ses 8s séparant les 2 premiers du classement général...), certains coureurs de l'équipe Toshiba roulaient avec. Et là aussi, innovation d'un autre temps, une antenne placée sous la selle, renvoyait les infos au véhicule suiveur! Et pour couronner le tout, en tant que téléspectateur, on avait même droit à l'image (en incrustation) du compteur avec la vitesse et la puissance instantanée!

(cliquez sur l'image pour voir la vidéo)

Certainement arrivé trop tôt, le MAXone n'obtiendra malheureusement pas les lettres de noblesse qu'il méritait. Dommage.

Il faudra attendre quelques années pour que Polar se lance dans la course à "l'armement". Et encore, ça reste timide. C'est seulement dans les années 2000 que cet outil fabuleux fait des émules.
Aujourd'hui, après le SRM (dans le pédalier) et le Powertape (dans le moyeu arrière...), ce sont Look et Polar qui s'associent pour développer le "Kéo Power" et intégrer un capteur de puissance dans l'axe de la pédale!
C'est petit, on peut changer de roue arrière sans perdre une partie du système (et les données), il n'y a plus qu'à espérer que cette fois-ci, ce soit la bonne. Et dans ce cas, Look aura enfin réussi (et ce n'est pas leur faute de ne pas avoir été crus à l'âge de pierre du cardio) à revenir sur le devant de la scène.

Cette personne qui s'en souvient, c'est mon boss, Denis. A
cette époque, il était chef de produit chez Look mais c'est seulement lors d'un dernier salon où personne ne semblait connaître que j'ai fait le lien.Lorsque je lui en parle cette semaine, il me répond: "tu t'en souviens?" Et comment que je m'en souviens! A partir de là, il m'amène un échantillon de sa collection personnelle ainsi que les photos qui illustrent cet article, et me raconte l'histoire de "César" (puisque je compte lui rendre hommage à travers ces "quelques" lignes).
En fait, il ne s'appelle pas César mais Jean Pierre Mercat. Trop modeste pour être connu (et reconnu), Jean Pierre est un génie (si vous trouvez un autre mot plus valorisant, je prends...). Avec un bac E à 15 ans (!), il poursuit ses études jusqu'à trouver un stage chez Look. Et là, il se "lâche"! Son imagination et ses capacités l'amène à penser puis à fabriquer ce compteur en avance (trop?) sur sa génération. Trois ans de travail sur des machines de tortures, sur des tests terrains (Jean Pierre Mercat était Elite à l'époque...) et à présenter son travail sur tous les salons du monde!


Oh, un "nid"!

Dès lors, tous les moyens seront mis en œuvre pour que le projet aboutisse. "Formalité". Seul "hic" à sa démocratisation, le coût de fabrication (et de vente, de par le fait) car le MAXone est fabriqué en France... Erreur stratégique de la part de la firme nivernaise? Certainement.

Présentation au salon de Milan 1990...
Après ce premier exploit (si, quand même), Jean Pierre Mercat ne s'arrête pas là.
L'Ergostem (potence aux multiples réglages), c'est lui...
Et ce système de direction intégrée, à votre avis, ça sort d'où? Ne cherchez pas...
L'idée de la pédale à lame, c'est encore lui! A son avis, les pédales Look et Time de l'époque pouvaient être améliorées en remplaçant le ressort par une lame composite (pour les "non-intégristes" du milieu, Time a présenté la sienne en... 2009!).

Puis, il est embauché chez Mavic.
Sous ses nouvelles couleurs, en 1993, c'est au tour du Mektronic de faire son apparition. Qu'est ce que donc? Des dérailleurs et des commandes... électriques! Sans fil de surcroit alors que le DI2 de chez Shimano qui a fait son apparition en... 2008 est encore câblé.

Viendront ensuite toute une série d'innovations technologiques du même acabit. Une des dernières en date, la fameuse roue R-Sys avec ses rayons en carbone "Tracomp" qui ne se déforment ni en traction, ni en compression...
A mon avis, MONSIEUR Mercat n'est pas près de s'arrêter. A la limite, c'est peut être le retard (vis à vis de lui) technologique industriel qui peut mettre un frein à sa passion, sa créativité et surtout, son génie.


Jean Pierre Mercat prouve que l'on
peut être "au tour et au turbin"!
Et cette fois-ci, on aura droit à quoi?
Quelque chose de bionique, solaire ou nucléaire? Avec ses idées, tout est possible, tout est réalisable...

Merci Denis de m'avoir raconté ce conte de fées (qui m'a plus réveillé qu'endormi) mais maintenant, il va falloir me présenter ce Léonard de Vinci, ce Géo Trouvetou (pour ceux qui comme moi, possèdent la collection des "Manuels des Castors Juniors"), que je puisse enfin faire la connaissance de cet homme fabuleux pour le passionné que je suis.


Et désolé pour la longueur du message mais quand moi aussi j'ai les yeux qui brillent, je ne sais plus m'arrêter...

22 septembre 2010

Aveu?

Je ne reviendrai pas sur la polémique qui a fait la Une lors des Classiques de Printemps mais il faut avouer que là, je n'ai pas pu m'empêcher.

Vu sur le site de Fabian Cancellara (un de mes préférés, évidemment...) que vous pouvez visiter en cliquant ici. Je suis sûr que ça lui fera plaisir...

Étonnant, non?
Je m'en fiche, ça reste mon chouchou!

01 septembre 2010

Nouveau blog

Il en parlait, il hésitait et puis finalement, il l'a fait.

Voici le nouveau blog de Fred, un des rares cyclistes à avoir pu (et avoir su) me supporter sur nos routes d'entraînement pendant des années:

Alors évidemment, vu que son premier message me cirait les pompes (de vélo!), en plus d'un pot de Nutella (c'est la saison des noisettes...), il méritait bien un lien sur le mien.
Vous le retrouverez dans la colonne de droite dans "Liens indispensables".

Belle et longue vie à ce blog!

One more!

Ça faisait un petit moment que ça me trottait dans la tête (s'il n'y avait que ça...) et voilà, ça y est, j'ai fait le pas.

Depuis des années, je cherche le vélo idéal. Un vélo pour presque tout faire sur du goudron (voire quelques chemins propres) avec un équipement qui nécessite un minimum d'entretien.
Alors évidemment, depuis quelques temps, la mode est au "fixie": un vélo pour la route, avec un pignon fixe (d'où le nom) et accessoirement, un frein ou deux. Déjà que je n'étais pas trop à l'aise pour rouler au milieu d'un peloton sur la piste, je n'allais pas prendre le risque de m'aventurer au milieu de la ville avec la même chose. Trop dangereux à mon goût.

Et puis, "il" est arrivé. Il existait déjà mais dans d'autres coloris. Quand j'ai vu celui-là sur le catalogue, j'ai craqué...

Alors le voilà, le fameux Seek 0
Un moyeu arrière avec 8 vitesses intégrées (pas de dérailleur et on peut changer les vitesses sans pédaler!), des freins à disque pour s'arrêter rapidement même si on n'a pas une taille de guêpe (pas plus que d'un bourdon d'ailleurs...) et une couleur "alu brossé & verni" du plus bel effet.
Il ne manquait que "quelques" accessoires pour en faire ma référence dans cette catégorie...
Une selle et des poignées Brooks en cuir ainsi qu'un bidon de la même couleur que le cadre!
Oui, j'avoue, je suis tombé amoureux.
Comme à chaque fois en fait.

L'éternel problème du mot "velo" qui est l'anagramme de "love"...

26 août 2010

- 100!

Une honte!
Près de 6 semaines sans nouvelles! Vous trouvez ça normal? Moi non.

Pourtant, j'avais pas mal de choses à vous raconter mais pas forcément le temps et puis, c'était assez négatif...
Vous savez, du genre: "quand c'est un français qui gagne, c'est un champion. Quand c'est un étranger, c'est un tricheur!".


C'était pour faire suite au joli Tour des français (ben si, quand même), à l'athlétisme, à la natation, etc...
Non, pas au foot. Déjà qu'on prétend que certains joueurs (pas tous?) se seraient dopés... Les "pauvres"!

Mais non, je n'en parlerai pas.
Quoi trop tard?


Alors pour me faire pardonner, puisqu'il reste un peu moins de 100 visites sur ce blog pour atteindre les 30000 (arrête maman, je sais que c'est toi!), comme toutes les 10000 fois, c'est l'heure des "récompenses"...

En suivant le mode opératoire décrit dans un précédent message (en cliquant ici).

A "l'époque", le lot mis en jeu était un pot de 400g mais comme tout augmente, cette fois-ci, ce sera un pot de 750g! Je sais, je vous gâte...


Bon alors évidemment, ces jours-ci, il fait peut être un peu chaud pour se gaver de Nutella mais rien n'empêche de le mettre de côté en attendant l'hiver (je double la mise s'il tient jusqu'à l'hiver...).

Alors, feu! C'est parti!

Et la prochaine fois, qui ne saurait tarder, je vous parle de vélo.
Promis.


18 juillet 2010

Chacun Mon tour...

Le Tour de France ne passe pas toujours près de chez soi (demandez cette année aux Bretons par exemple...). Et pourtant, cette année encore, la région est gâtée.

Preuve en est le départ de Rodez et l'arrivée à Revel samedi. Et départ de Revel le lendemain.

Pour avoir fait le Village Départ l'année dernière à St Gaudens, j'avoue que ça m'aurait bien plu d'y retourner mais cette année, il fallait composer car le dimanche matin, il y avait également la rando VTT de St Denis dans la Montagne Noire.
Et on ne peut pas être partout...

Ça semblait donc compromis lorsque au dernier moment, une invit' tombe pour l'arrivée à Revel. Je n'hésite pas un seul instant et signe de toutes mes mains.

Un peu contraints quand même à contourner Revel par la "face sud-est", Greg et moi empruntons quelques routes pittoresques du coin afin d'arriver au plus près de l'évènement (l'hélico de Greg étant au garage ces jours-ci).

Nous sommes en place (et quelle place!) vers 15h30.
Arrive quelques temps plus tard, la "voix du Tour",
Daniel Mangeas.

En fait, nous sommes là pour l'opération "Cadets-Juniors". Ces jeunes licencié(e)s sont en général issus de la région et parcourent, avant les pros, les 30 premiers et 30 derniers kilomètres de l'étape du jour. Pour l'occasion, ceux là sont de Rodez et se disputent, comme les grands, la victoire (relative) de l'étape.

Devant le public, ça commence parfois comme ça...
Après la remise des récompenses aux "petits" sur le podium officiel, on traîne un peu dans le "Carré V.I.P." et dans les coulisses en attendant les "grands". Oui, je sais, il y a pire...

L'arrière du podium protocolaire
Puis un petit tour dans le coin média avec les radios et les télés du monde entier. J'y retrouve Cyrille Guimard qui nous fait partager pendant quelques temps, les commentaires en direct sur RMC (et franchement, regardez la télé sans le son et mettez la radio, vous verrez une autre course...).

Greg a envie de jouer et s'y voit déjà!

Ensuite, on croise la poule des Galettes St Michel. Avant son défilé et après. Avouez que vous ne la regarderez plus pareil...

Et pour "finir" (avant l'arrivée), on passe
par les toits des salons V.I.P....


Toutefois, on n'y restera pas longtemps car si on veut voir les coureurs de près, il vaut mieux être en bas, après la ligne. Dans un ordre tout à fait aléatoire (hormis le vainqueur du jour, juste après la ligne), voici donc quelques clichés (vous pouvez cliquer dessus pour les avoir en grand):
Et une belle victoire comme celle là, ça s'arrose, non?

Allez, bonne continuation et continuez tous à nous faire rêver. Jusque là, c'était très bien...

P.S.: et évidemment, je gardais "selle" là pour la fin:

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10 juillet 2010

"Good... ronné!"

Ça y est enfin, le "verrou" a sauté, tel un mur de Berlin anti-cyclistes.

Lors de mon épopée vers la mer l'an dernier, j'avais déjà évoqué ma passion pour le "Canal des Deux Mers" qui relie l'Océan Atlantique à la Mer Méditerranée (et inversement).
Nommés respectivement "Canal du Midi" au sud de Toulouse et "Canal Latéral à la Garonne" au nord, cet ouvrage fabuleux commencé en 1662, loin de toutes les technologies modernes impose le respect quant à ses dimensions stratégiques (plus d'info ici).

En fait, à ce jour, la piste qui longe ces deux canaux, est totalement goudronnée dans le département de la Haute Garonne.
Côté sud, ça s'arrête donc à une cinquantaine de km, juste après Port-Lauragais.
Côté nord, le Tarn et Garonne est nettement plus proche (à peine plus de 16km de chez moi), à hauteur de St Rustice.
Pour avoir entendu une rumeur lancée par mon pote Magoo, la limite nord aurait été repoussée. Il ne m'en fallait pas plus pour aller vérifier.

Effectivement, hormis une centaine de mètres à hauteur de Grisolles, on peut désormais aller beaucoup plus loin. Jusqu'où? Je ne sais pas encore car ce matin, je me suis arrêté proche de Montech. Il faudra donc que j'y retourne en allant plus loin.

C'est sûr que sur cette piste cyclable, on est loin du Tour de France et des machines de compétition mais ce n'est pas ça que l'on vient y chercher.
On vient y trouver l'ombre des platanes, la fraîcheur de l'eau (la personne que j'ai croisée sous un pont et qui coupait son virage, a même failli en vérifier sa profondeur...), la faune également en passant du ragondin à la poule d'eau via la tortue de Floride un peu trop encombrante dans l'aquarium familial...

On fait également des rencontres.
Dans l'ordre d'apparition en partant de chez moi, j'ai d'abord droit aux promeneurs et aux poussettes. S'en viennent ensuite les joggers puis les rollers. Plus loin, quelques cyclistes en quête de bien être ou encore, le randonneur, chargé de sacoches ou tirant une remorque.
Toutes ces personnes qui pédalent sont là pour la communion du vélo et de la nature. On n'y cherche pas la performance et le seul but est le plaisir de pédaler.

Le canal est une source de vie intarissable où tout le monde se dit bonjour. Même lorsque l'on croise une péniche. Loin des moteurs des voitures, la vie prend un autre rythme. Décalé par rapport à ce que l'on peut trouver ailleurs mais qu'importe, il s'agit d'un vrai lieu convi(flu)vial!

Alors ce matin, une idée a germé lors cette "aventure"... Pour savoir jusqu'où on peut trouver un bord de canal carrossable, le mieux n'est-il pas de le longer sur toute sa longueur?
433km, par expérience, je pense que ça fait long pour une seule journée. Si je coupe la distance en deux, à quelque chose près, je peux faire ma halte de la nuit à domicile!

Prochain défi pour 2011? Sait-on jamais...


01 juillet 2010

Faites-nous rêver!

Bon, nous y voilà.
A la veille de la plus grande et belle épreuve cycliste du monde, j'aimerais poser quelques conditions (ou des souhaits, tout du moins)...

Bon, c'est sûr que l'on peut toujours y croire (il le faut d'ailleurs) mais après tout, pourquoi pas?
Que les coureurs fassent le "pestacle" même si la moyenne n'atteint pas des records.
D'ailleurs, on s'en fout un peu des records, du moment que c'est beau à voir.
Quand on est à la montagne, que le sommet le plus haut soit à 2500m ou à 3000, ça change quoi?

Alors évidemment, on ne pourra pas trop espérer à un changement radical des mentalités. Il y a aura encore de la triche (je souhaite toutefois qu'il y en ait le moins possible) mais à ce niveau d'enjeux financiers aussi importants, comment l'éviter?
Le pire, je pense que c'est dans les catégories amateurs où les coureurs font n'importe quoi pour ne pas gagner grand chose... C'est là finalement que c'est terrible.


Et maintenant que les coureurs sont prévenus de mes souhaits, j'aimerais plus que tout que les médias fassent un travail de reportage essentiellement. Qu'ils ne cherchent pas à remuer la m.... comme ils ont pris la mauvaise habitude. Qu'ils se "contentent" de rapporter des résultats, des images, des anecdotes. Un "peu" comme ils font pour tous les autres sports en fait. Au "hasard", comme ils font pour le foot et la Coupe du Monde en évitant toutefois ce qu'ils ont fait avec l'équipe de France; même si elle s'est ratée ("est" ratée ou "s'est" ratée? Les deux peut être...).


Que l'on parle donc de fête, de spectateurs en délire (pas trop abrutis quand même), d'exploits, en laissant "la boue aux torchons". Bon, par contre, s'ils arrivent à trouver le "scoop" qui leur fera vendre 10% d'exemplaires en plus ou une audience supérieure, vous savez comment ça va finir... Comme chaque année en fait! Qu'ils se contentent de ce qu'on leur demande: parler de sport.

Alors, regardons ça avec nos yeux d'enfants, rêvons et vivons de belles choses en laissant le business de côté le plus longtemps possible.


I have a dream...

24 juin 2010

Et là non?

Je vais tenter de rester calme et poli mais ça va m'obliger d'être sarcastique.

59-59! Le record est tombé (le peuple et les médias aiment ça, c'est parfait) et ce n'est pas fini puisque tant qu'il n'y a pas 2 points d'écart, ils vont continuer à jouer aujourd'hui.

Hier à Wimbledon, 2 joueurs ont joué plus de 7h et n'ont toujours pas réussi à se départager dans l'ultime set! Un truc de dingues. Même le tableau comptant les points n'est prévu que pour aller jusqu'à 50.

Bon, évidemment, il n'y a pas encore eu de contrôle anti-dopage car le médecin (il y en aurait donc?) chargé du prélèvement a dû partir avant la fin.

7h de tennis (et ils avaient déjà joué 3h la veille)!
Et eux, je ne pense pas qu'on leur ait cassé les c....... en vérifiant s'il n'y avait pas un moteur électrique dans le manche des raquettes ou si la balle était gonflée à l'hélium (quoique ça, ce n'est pas forcément une bonne idée!). Et l'herbe du terrain, elle n'a pas été traitée avec des substances douteuses à l'insu de son plein gré?

Au Tour de France aussi ça leur arrive de pédaler 7h mais au moins, ils sont assis et ne passent pas la journée à 180 pulsations en courant dans tous les coins!

Allez, je me calme et ce soir, je regarderai du sport à la télé, du vrai: j'avais enregistré la finale du Super Bowl (football américain) à moins qu'il reste des matches de foot de la Coupe du Monde (tous les joueurs ne sont quand même pas rentrés chez eux?)...


"Et le doping?

Non c'est pareil le doping hé! Faut pas en parler du doping! Ah, on n’en parle pas alors? Ah bon, tant pis!

Le doping?

Pas celui qu'ils ont le droit de prendre toute la journée, qu'ça se voit pas quand y pissent non? Ah non! Moi, je vous parle du vrai doping, celui qui gagne les records et tout hein! Bon. Hé, mettons qu'ils arrêtent…
On aura l'air malin devant nos téléviseurs en attendant qu'ils battent les records, hein!"

Coluche, 1977...

06 juin 2010

Montagnes Pyrénée é e S!

342 jours s'étaient écoulés depuis ma virée à la mer l'année dernière (voir ici).
Je me souvenais d'avoir fini "cuit" mais il est vrai que contrairement à cette fois-ci, le profil du retour était montant.
Cette année, il fallait revenir avec du "négatif" et vu de Toulouse, à part les Pyrénées, on est limité.
Évidemment, on en avait parlé avec Christian une nuit de Téléthon (sur le vélo) car à peu de chose près, il y avait la même distance alors: Mer ou Montagne? La mer, c'était fait, restait donc la montagne. Et cette année, mon binôme était physiquement prêt (au moins pour le 2ème tiers), il fallait en profiter.

Direction: Le Tourmalet!
Si l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, je suis dans les clous...
6h12, je décolle de Fenouillet.

Comme "d'habitude", mon père assurera la logistique et l'assistance (on ne change pas une équipe qui a fait ses preuves). Au moins, on est sûr d'une chose: s'il faut être un peu dingo pour faire l'aller-retour en vélo, passer près de 13h dans la voiture (plus le retour en Aveyron le soir même!), il en faut un grain aussi. Les gènes certainement. Qui a dit: "là où il y a de la gène, il n'y a pas de plaisir"?

Directement dans la campagne, la progression est rapide contrairement à l'année dernière. Côté mental, je suis au top. Encore la veille, je n'y pensais pas plus que ça. Pas trop de doutes, ça me semblait faisable. Pourquoi douter? Il faudrait du temps. Beaucoup de temps. Mais en gérant, c'était faisable.

La Vallée de la Save est relativement déserte le samedi matin. C'est donc derrière la voiture que j'effectue ma progression vers la montagne.
7h12, je suis déjà à L'Isle Jourdain. Les longues lignes droites plates dans la vallée sont avalées rapidement.

8h07, on est à L'Isle en Dodon.
8h16, la montagne se profile à l'horizon avec quelques traces de neige sur les hauteurs. Le Pic du Midi est là bas, au loin. Si tout va bien, dans un peu plus de 5h, j'y serai...

Vers 8h20, première pause "remplissage de bidons" et début d'alimentation. J'en profite pour faire "plein air" au niveau des jambes et des bras. Il ne fait pas encore très chaud mais derrière la voiture, je suis à l'abri. Crème solaire également, ça devrait chauffer un peu.
On continue... Tout droit, tout plat (même si la tendance est légèrement montante quand même): je pense à mon collègue Arnaud qui fait la route tous les jours; il a du mérite d'avoir encore suffisamment de points au permis...

Un peu plus de 100km en 3h, le timing est respecté. J'ai promis un rendez-vous aux copains du club à 10h00 à Capvern (130ème km).
L'ascension vers le plateau de Lannemezan se fait sentir. On réduit la "voilure"...
Pour le moment, je consomme un peu plus d'un bidon à l'heure mais la température s'élevant, je me force à boire davantage. L'année dernière, j'avais perdu beaucoup d'eau et d'énergie. Par expérience, je ne referai pas la même erreur.

Je te vois...

10h00mn et 20s, je suis en retard de 20s mais je suis à Capvern. Je retrouve Christian, Mathieu, Robin et Guillaume.
Pour le moment, ça va plutôt pas mal. 35km/h de moyenne sans avoir dépassé 140 pulsations, c'est correct.
Avant Bagnères de Bigorre, on retrouve Arnaud et Jean Philippe. L'équipe est au complet. Pause (et pose) photo pour l'occasion.
Je change de vélo également. Un développement plus adapté à l'ultime ascension n'est pas du luxe contrairement à celui qui me sert à rouler derrière la BX.
Ce vélo n'a pas de moteur. Ou alors, tous les fils n'étaient pas branchés! A moins que ce soit le fait d'être à la masse...

On arrive au pied "officiel" du col: Sainte Marie de Campan. Il est 11h45. Je m'étais donné 2h pour effectuer les 18km jusqu'au sommet mais mon estimation pour 13h30 semble erronée. Pas grave. Le but est d'atteindre le haut du col avec le moins de séquelles possibles (physiques s'entend parce que je sais très bien que pour le reste, c'est cuit depuis un moment!).
Il fait très chaud dès le pied et ce n'est pas la vitesse à laquelle je monte qui me fait de l'air.
De par la température, j'ai le moteur qui chauffe. J'ai beau ouvrir le capot, rien n'y fait. Je suis déjà à près de 180 puls, je ne peux pas faire 2h comme ça. Je dois prévoir le retour...
Je m'arrête une première fois à l'ombre. Ça fait du bien. Je m'arrose, le cœur redescend. 2 ou 3mn mais ça suffit pour repartir dans de meilleures conditions.
34x24 et 34x27, le développement est bon, je pédale "souple" mais le coeur a bien du mal à descendre. Je rattrape Arnaud, parti un peu vite. Pas trop le temps de discuter...
Je m'arrêterai encore 2 fois d'ici le sommet et pourtant, il ne me faudra "que" 1h45 pour escalader cette montagne sacrée. Sacrée montagne!

A 1km du haut, il y a même des lamas en train de paître... Je me demande un instant si je ne suis pas monté trop haut!

Je passe la ligne à 13h29 et 50s! J'avais de la marge finalement.

On s'habille rapidement car mine de rien, à 2115m, un peu de vent sur la transpiration, c'est un coup à attraper mal.
Avant de manger, on prend largement le temps de faire quand même quelques photos souvenir. On y était, on l'a fait.
Christian brandit fièrement le plateau qui lui avait "mordu" le mollet l'année dernière et les béquilles qui l'avaient empêché de m'accompagner à la mer. Vengeance!

Signe de forme relative, je suis encore en état de faire le zouave. Pas trop évident d'escalader la statue mais bon, une cycliste au bar d'en face me lance le pari... L'innocence de cette femme!
Bon allez, on rigole mais je ne suis qu'à la moitié de mon périple. On mange un peu mais encore retourné côté estomac, je verrai plus tard.
Collant long, veste thermique, gants, on se "jette" dans la descente. Mollo quand même. Il y a un peu de fatigue, un peu de cyclistes et un peu de voitures. Pas plus de 78,4km/h. Ça reste raisonnable.
1h45 pour monter, 20mn pour descendre! Dommage, j'aurais bien profité plus longtemps...
La chaleur est là de nouveau.
Bagnères de Bigorre, 15h30, Arnaud et Jean Philippe nous quittent.
Une des dernières grosses difficultés se dresse. On monte tranquille. Rien ou presque ne fait encore mal, autant que ça dure. On rebascule vers L'Escaladieu et zou, on remet ça jusqu'à Capvern.
Le moral est au beau fixe. Avec Christian, on partage notre opinion sur la journée. La montagne, c'est dur, mais qu'est ce que c'est beau.

A Capvern, Mathieu, Robin, Guillaume et Christian me laissent. Dans ma tête, no soucy. Maintenant, je n'ai plus qu'à me laisser glisser en tournant le dos aux Pyrénées.

Je me remets derrière la voiture. Ça file! Même avec 53x12, je ne pédale pas tout le temps et les puls restent basses. Quelques vallonnements se passent avec l'élan (ou presque). En revanche, un nouveau paramètre apparaît. Je commence à avoir mal au c..! A l'Isle en Dodon, ça fait plus de 9h00 que je suis assis sur la selle. On a beau être entraîné, le physique a ses limites...

Tout au long de la route, je pense à ceux qui sont "derrière" moi. Et cette année, ils étaient particulièrement nombreux. Une fois encore, j'ai eu le temps de penser à tout le monde. Par leur encouragements, je me dois d'aller au bout. Soit dit en passant, il ne m'est même pas venu à l'idée (non, pas Johnny!) de m'arrêter en route. Jamais.

Je continue donc à boire mais il me devient difficile de manger. Ça coince un peu dans les tuyaux. Il reste un peu moins de 2h. Je sors ma botte secrète: mode "normand" (ou mode "mule", au choix)! Ça va le faire. De moins en moins vite, mais ça le fait.
Passé l'Isle Jourdain, je connais la route. C'est celle que je prends quand je rentre du boulot. Il y a la "bosse" de Montaigut qui m'inquiète un peu et pourtant, malgré quelques "boules" qui apparaissent au niveau des mollets (non, pour les cuisses, rien...), je la passe relativement bien. Sans m'affoler. De toute façon, je n'ai pas le choix.
Il reste un peu plus de 15km et le vent s'est mis à l'Autan (pas "Bonne idée!"). Ça fait de l'air c'est vrai, mais c'est gênant quand même.

Le pont de Gagnac sur la Garonne pique un peu. Un insecte rentre dans le casque, je l'enlève rapidement mais j'attrape une crampe au mollet gauche en tentant de garder l'équilibre le temps de le remettre!
Il reste 4km. Quoiqu'il arrive, je dormirai à la maison.

20h20, j'y suis. J'y reste.
Je suis "sec". Je m'allonge par terre, sur une serviette dans la cuisine. J'ai tous les "voyants allumés" (il n'y a pas de photos pour ne pas choquer les âmes sensibles)...
40mn plus tard, je suis à nouveau debout. Pas trop chaud et un peu fâtigué... Les jambes sont dures mais la tête a repris ses droits. Le constat est clair: Objectif atteint.


Malgré la distance quasi équivalente (352km cette année contre 354 l'an dernier), il n'y a "que" 45mn de plus. En revanche, le "talus" au milieu du parcours, ça fait la différence.
J'ai également beaucoup plus bu. 12 litres (plus 2 litres pour m'arroser)! Et encore, à la pesée, il en manquait encore 2...

En quelques chiffres, ça nous fait:
- 352km en 11h14 (de pédalage)
- 3460m d'ascension
- 14122 Kcal

Donc, voilà, c'est fait.

Petit, j'ai toujours été admiratif en lisant les récits des aventuriers comme Sigmund Hillary et son ascension de l'Everest, Paul Emile Victor et l'exploration des 2 pôles, entre autres.
Avant eux, il y avait eu Christophe Colomb, Vasco de Gamma. Plus récemment, Jean Louis Étienne. Ils partaient à la découverte du monde mais également à la découverte d'eux mêmes.

Finalement, je crois que c'est ça qui m'attire même si mes moyens d'aujourd'hui n'ont absolument rien en commun avec ceux qu'ils n'avaient pas. Et que mon entreprise n'est même pas une goutte dans l'océan de l'aventure humaine.
Pas une seule fois je n'ai pensé à appeler ça un exploit. Ce n'en est pas un.
En montant le Tourmalet, nous avons croisé des personnes qui redescendaient en fauteuil roulant (ils pédalent avec les mains!)... Là, il y a exploit et respect.


Qu'importe, malgré tout, il s'agissait d'un formidable défi personnel qui me permet de vérifier cet adage: "celui qui ne dépasse pas ses limites rate l'essentiel..."

Et à la question "Pourquoi?", je réponds simplement "Pourquoi pas?"

Par contre, pour le moment, il va falloir réfléchir au prochain défi. Entre nous, moins long et moins dur, je prends aussi...

P.S.: je pense que si l'on remonte dans les archives de l'état civil, on doit pouvoir trouver l'année où le "i" qui devait être en 2ème position dans notre nom, de famille à été remplacé par un "e"...